La Cité Provisoire : Les Familles

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Dieppe - Cité Provisoire : la famille MERCIER

Famille MERCIER

Les trésors partagés de Alain MERCIER.... Au 130 puis 132 Avenue Mackensie King

Avenue Mackensie King




Témoignage de Monsieur Alain MERCIER

J'ai recueilli le témoignage de Alain Mercier, dont la mémoire n'a pas flanché mais dont l'émotion était telle que nous avons du faire quelques poses. Merci Alain ! : Je suis arrivé à la cité provisoire en 1947 et en suis parti en 1960. Nous habitions au 130 avenue Mackensie King. Mon père tenait un atelier de réparation de vélo dans un bâtiment en tôle qui était situé tout au début de la cité. A gauche après la côte blanche. Mais il ne l'a pas tenu longtemps. Après çà a été M Goubert. Je ne me souviens plus de M Dujardin....je devais être parti. Je me souviens bien de M Boucher et de M Mallèvre, les pompiers permanents mais je me souviens aussi qu'il y avait un autre pompier Monsieur Ménard. Monsieur Staël passait aussi dans la cité avec son vélo pour vendre le magasine " Chez Nous" avec son vélo et son cageot attaché sur son porte-bagages. Monsieur Michel aussi, le poissonnier. Les enseignants qui m'ont fait la classe étaient Melle DUTREUIL et M BESSON. Je me souviens de tout, ou presque : les soirées télévisions dont a parlé André Guédon...C'est vrai on faisait payé 2 centimes la séance ! Il avait même mis un râteau de jardin sur le toit du bâtiment en tôle au fond de mon jardin pour faire plus vrai ! J'organisais aussi des après midi cirque, où je jonglais avec des balles ou des quilles. Des soirées musique où je jouais de la guitare avec mon ami Philippe DUBEC qui m'accompagnait à la batterie et André VAVASSEUR qui chantait....Ah ! C'est toute mon enfance ! Mon enfance heureuse et joyeuse ! Il y avait de fichus quart d'heure, mais on était bien....Très ému, Alain ajoute Il y avait un Homme, aujourd'hui on dirait un SDF le Père Mathurin. Il se promenait toujours avec un landau et il vivait dans un petit cabanon en bois derrière le Haras. Un jour, il m'a donné une petite croix....il m'a dit qu'elle me porterait bonheur et qu'elle me protègerait....je l'ai toujours et je la porte toujours sur moi....Tu sais ce sont des choses qu'on oublie pas, parce qu'elles vous arrivent en plein cœur !!!!

En 1960, il a fallu qu'on déménage puisqu'ils allaient raser nos maisons. Vous croyez pas qu'ils auraient pu nous les laisser...On les aurait entretenues...C'étaient NOS maisons....On a tous perdu notre liberté. Le choc a été tellement violent pour mon pauvre père qu'il en est mort quelques mois après...Il ne s'est jamais remis de notre départ de la cité.

Les photos que Alain partage avec nous sont nombreuses. Aussi nombreuses que ses souvenirs. Elles résument à elles seules "le temps des années cité...." Merci Alain, non seulement pour vos photos et vos souvenirs mais aussi pour votre sensibilité, votre gentillesse et votre générosité.