La Cité Provisoire : Les Familles

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Dieppe - Cité Provisoire : la famille TELA

Famille TELA

Les photos suivantes nous sont offertes par Marie Jeanne TELA, au 115 B avenue Mackensie King

avenue Mackensie King




Témoignage Madame Marie-Jeanne TELA épouse DUPRE

De 1966 à 1972 j'allais à la cité pour rendre visite à ma mère jusqu'à ce qu'elle déménage dans une cité HLM qu'elle nommait CAGE A POULES, 2 ans plus tard elle décédait.

Je me souviens de certains métiers aujourd'hui disparus: le rémouleur passait une à deux fois par an pour affûter ciseaux et couteaux. Il y avait Mme LECLERC la cardeuse qui venait à domicile avec son encombrante machine garnie de pointes métalliques pour peigner et aérer la laine, elle remettait les matelas en bon état pour plusieurs années. Mr ARENT passait dans la cité avec sa bicyclette pour acheter les peaux de lapins. Cette voix raisonne encore en moi : "Peaux de lapins! Peaux de lapins!".

Et ces fameux étés ensoleillés ou nous partions nous les enfants avec une pouche pour cueillir du manger à lapin, en cette même période nous allions glaner du blé aux Vertus pour alimenter les volailles, de nombreux habitants avaient des volailles pour améliorer l'ordinaire.

Nos potagers entraient dans la même démarche. et oui ! nous nous nourrissions sainement.

1947-1950 Comme tous les enfants j'ai commencé par la maternelle et mon souvenir est intense de Mme Olivier qui avait une grande patience et gentillesse. Mon fils Armand né en 1960 a eu la joie de connaître cette chère Mme Olivier de 1963 à 1966

1950-1954 : Toujours dans ce petit village la"cité provisoire" j'ai suivi assidûment la primaire jusqu'à l'âge de 10 ans.

1954-1955 : De 10 à 11 ans je suis allée à l'école du champ des oiseaux.

1955 à 1958 j'ai été dirigé vers cette formidable école Jules Ferry où j'ai sans peine obtenu ce fameux certificat d'études primaires. Après l'obtention du certif qu'elle fut ma grande joie d'être récompensé par un dictionnaire tout cela organisé par la commune au cinéma le Rexy. On était tous très fiers, on était en haut de l'affiche.

Notre enfance était très différente de celle des enfants d'aujourd'hui mais ils ne connaîtrons jamais le vrai bonheur celui d'être un enfant de la cité provisoire . A la différence des enfants d'aujourd'hui nous étions presque toujours dehors, les parents avaient du mal à faire rentrer les enfants pour les repas, car par tous les temps nous imaginions un jeu, le Tour de France qui consistait à pousser d'une pichenette des capsules de bouteilles que nous frottions assidûment contre le trottoir pour qu'elles glissent favorablement et dans le but de gagner. Il n'y avait évidemment rien à gagner seul le plaisir du jeu comptait. Nous étions aussi beaucoup dans le bois de Rosendal à inventer mille jeux venant tout droit de notre imagination " au roi à la reine" sur les ruines du château "aux épées" comme d' Artagnan. Nous n'avions pas de télé.

Il arrivait que les gens du voyage que nous appelions "Baladins" donnent des spectacles, je me souviens des deux orphelines, comme je n'avais pas d'argent je suis passée avec ma copine Annick sous la bâche, c'était un petit chapiteau.

Les gens du voyage, voyageaient effectivement avec un moyen de locomotion typique des romans d'aventure du XIXè siècle, ils avaient des roulottes tirées par des chevaux.

Mille choses me reviennent en mémoire:

Nous avions un grand baquet dans lequel nous lavions le linge à la main, une fois par semaine. Après le séchage il y avait le repassage. Un jour (enfant) je repassais les mouchoirs avec un fer en fonte que nous faisions chauffer sur le poêle à charbon, mon frère Pierre un peu plus âgé voulait aussi repasser, il a tiré sur le mouchoir, le fer a glissé sur ma main, il y est resté collé. Je porte les traces de ces méfaits. J'ai beaucoup souffert, mais j'ai rangé ce souvenir avec des plus gais et qui font une période formidable.

Le 1er mai beaucoup de gens allaient aux Vertus, certains participaient à la messe dans la petite chapelle, suivie d'une bénédiction. Beaucoup y allait pour la collation gros cidre, casse-croûte et l'on pouvait apporter son manger chose évidemment chose complètement disparue aujourd'hui.Dans ce genre de situation régnait une ambiance convivial me^me si quelques personnes étaient "éméchés", tout finissait par une chansons et pendant que les parents d'adonnaient au plaisir de la table, les enfants jouaient aux balançoires et chevaux de bois.....................