La Cité Provisoire : Les Familles

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Dieppe - Cité Provisoire : la famille CHAPELLE

Famille CHAPELLE

Photos offertes par Pierrre CHAPELLE. Au 108 A au dos de la rue d'Halifax

Rue d'Halifax




Témoignage de Monsieur Chapelle Pierre

Lorsque je suis arrivé à la cité provisoire, il y avait encore des travaux en cours. Je me rappelle d’une tranchée rue d’Halifax devant les numéros 106, 107 et 108 C et D pour poser le tout à l’égout. Pendant quelques semaines, de nombreux tirs d’explosif étaient pratiqués dans le champ à côté de la cité derrière la ferme se situant route de Rouen. L’électricité arrivait par ligne aérienne en aluminium ; après de nombreuses coupures, elle a été remplacée par une ligne en cuivre.

Bien que construits en bois, il n’y a jamais eu, à ma connaissance, d’incendie. Seuls quelques feux de cheminée vite éteints sont survenus. Les pompiers venaient extrêmement vite depuis leur caserne.

Les sols des cuisines (en bois à l’origine) ont été pavés pendant l’occupation des logements(certains ont eu la pièce contiguë également pavée). Les autres pièces et le couloir étaient en plancher. La buanderie a été cimentée. Les wc fonctionnaient avec une fosse septique. L’installation électrique a été refaite en cuivre en remplacement des fils nus en aluminium qui couraient dans le couloir sur des plots en porcelaine. L’installation de la tuyauterie d’eau a été faite par monsieur Goubert (fils du réparateur de cycles) aidé par le fils Dinet (Henri) qu’il avait embauché.

Les constructions étaient en sapin peint(double paroi avec isolation en laine de verre). La peinture a d’ailleurs été refaite dans les années 50. Les toits étaient en papier goudronné ; ils ont été recouverts d’ardoises en fibrociment. Chaque fenêtre pouvait être occultée par un double volet en bois peint de couleur marron. Les portes des pièces donnaient sur le couloir ; dans certains logements, il y avait une porte entre la cuisine et la pièce contiguë. L’entrée se faisait par la cuisine mais au moment du cimentage de la buanderie, une porte a remplacé une des deux fenêtres. Certains locataires ont creusé une cave sous la cuisine.



La cité était bordée à l’est par un talus planté d’arbres depuis la route de Rouen jusqu’au bas de la cité . Il y avait une ouverture près de la route de Rouen ; une autre avait été comblée avec des blocs de béton et de la terre sur une dizaine de mètres au niveau du haut de l’avenue Makenzie King, en face du chemin devant le 108A. Les arbres (surtout des peupliers) ont été abattus avant la construction de la cité d’urgence. Beaucoup de personnes en ont profité pour faire provision de bois de chauffage. Dans l’herbage derrière le talus au niveau des pins, il y avait un bac en ciment. L’entrée des véhicules dans la cité se faisait beaucoup par la route en cailloux (surtout pour les chevaux) car la côte en ciment était très abrupte.

Sur le mur des toilettes de l’école maternelle se trouvait une boîte à lettres. Pendant un certain temps, les gens qui n’avaient pas de timbre mettaient leur courrier sans mettre de timbre mais mettaient l’argent du timbre. Cette facilité n’a pas duré car certains ont oublié de mettre leur obole et le facteur ne voulait pas payer pour ces personnes. Il y avait deux tournées du facteur par jour.

Chaque semaine M. Léon Roger, professeur au collège Jehan Ango passait dans la cité pour vendre l’ »HUMANITÉ DIMANCHE »

Les écoles accueillaient les élèves pour les cours de 8h30 à 11h30 et de 13h30 à 16h30 les lundis, mardis, mercredis, vendredis et samedis. Le jeudi était jour de congé.

Une petite anecdote : le fils Buquet était tombé dans les toilettes un de ses pieds était bloqué dans les WC à la turque, c’est M. Goubert qui est venu le libérer.

Je suis arrivé en 1947 dans cette cité avec mes parents et mes deux sœurs ainsi que ma grand-mère paternelle et son fils qui travaillait à la ferme des hospices .Je suis allé à l’école maternelle en 1947/48. Ne voulant pas quitter ma grande sœur, je suis entré à l’école primaire(sans ma sœur) avec madame Robin pour l’année 1948/49. Je suis monté de classe en 1949/50 toujours avec madame Robin. L’année suivante (1950/51) j’ai encore monté de clase et toujours avec madame Robin. Enfin pour ma dernière année dans cette école (1951/52) je me suis retrouvé avec un instituteur dont je ne me rappelle plus le nom. Ce que je me rappelle c’est qu’un jour où je ne voulais pas travailler, il a voulu me passer la tête sous l’eau froide mais il n’a pas réussi. J’ai passé ensuite deux années à Jules Ferry puis cinq autres années au collège Jehan Ango rue de la halle au blé. J’ai travaillé au centre hippique pendant deux mois et demi puis huit mois et demi à la mairie de Dieppe. Après concours, j’entre à la SNCF que je ne quitterais qu’à ma retraite. En juillet 1962, je parts pour mon service militaire : 4 mois à Clermont-Ferrand suivi de presque douze mois en Algérie. Après mon retour je travaille à Serqueux et ne passe à la cité que mes jours de repos. Après mon mariage, je quitte définitivement la cité. Je ne peux donc pas dire ce qui est survenu à partir de la fin 1967.

Beaucoup de familles possédaient des chats, des chiens, des poules, des pigeons, des lapins et même des chèvres et des moutons.

Pendant, l’été, certains garçons allaient au patronage avec l’abbé Valleran avec les autres garçons de Janval. Lorsqu’il faisait beau, nous partions pour toute la journée pour pique-niquer. Les destinations différaient parfois mais la plus fréquente était le bois du Plessis. Ce petit bois existe toujours. On y entre par la route reliant Saint Aubin sur Scie à Petit Appeville. L’après-midi un grand jeu nous permettait de devenir pisteur. Il est arrivé que nous allions par le train à Anneville sur Scie ou à Clères voir les animaux. Nous voyagions en troisième classe.

Au début du mois de juillet, c’était le tour de France. Nous avions encore de l’école (pour bien peu de devoirs et de leçons) Le jeu des garçons était de pousser des capsules de bières ou de Perrier sur les bordures des trottoirs. Il y avait des rivières dans lesquelles il ne fallait pas s’arrêter sous peine de reprendre le départ de l’étape. Dans la cour de récréation, c’était les jeux de billes ou d’osselets ou de « cuis » avec une pièce en fer nous devions faire se retourner des pièces de monnaie en aluminium (Mme Langlois nous refusait parfois des pièces trop abîmées). L’hiver il y avait les batailles de boules de neige ainsi que les bonhommes ; Avant qu’ils ne soient abattus, les arbres nous servaient à jouer à Tarzan. Certains montaient sur un arbre et accrochaient une grosse corde. Le grand peuplier à côté de ma maison était très convoité Certains jeudis nous descendions au château Rosendal qui était en cours de restauration ; il y avait là un wagonnet de type Decauville ; nous le mettions en haut de la voie et nous laissions descendre jusqu’en bas. Près du château il y avait une grotte qui avait été utilisée par les allemands et de l’autre côté un blaukhaus. . Lorsque j’ai été plus grand j’ai eu un vieux vélo retapé. J’ai appris à en faire en descendant la route en cailloux et, comme il n’avait pas de frein, je terminais ma course contre le barrage en barbelé (mon cou était bien ensanglanté) Heureusement grâce à mon certificat d’étude j’ai eu droit à un beau vélo neuf de couleur jaune acheté chez M. Volet pour deux cents francs. Avec Jean-Marie Jacquot et Jean-Jacques Guérin nous avons fait de grandes ballades : Veules les Roses n’était pas si loin. Un jour nous sommes même partis jusqu’à Roncherolles en Bray pour voir l’abbé Valléran qui y avait été nommé curé.

Pendant les vacances d’été, certains allaient travailler dans les champs. Je me rappelle que M. Thomyre Pierre ( il habitait en face de l’aérodrome) venait nous chercher en voiture pour aller ramasser des pommes de terre ; nous mangions le midi chez lui et après un après-midi bien rempli, il nous ramenait en voiture. Certaines années, j’ai fait les foins chez M. Thomyre Georges qui habitait chemin des vertus au coin de la rue J-B Joseph Dubuc. J’ai appris également comment faire le beurre dans une baratte à main, faire du papier peint, etc… C’était la ferme où nous allions chercher le lait, le beurre et les œufs ; nous y allions à plusieurs avec nos brocs à lait juste après la traite du soir. Après avoir fait bouillir le lait et une fois refroidi, ma mère retirait la peau qui s’était formée. En fin de semaine elle nous faisait un gâteau avec les peaux de la semaine ; c’était un délice. D’autres allaient chez Auzou chemin des vertu pour s’approvisionner en lait et volailles.

Entre novembre et janvier certains faisaient du cidre : du premier (pur jus) du deuxième après un premier trempage du marc puis du troisième (il avait plutôt le goût de flotte) Cela se faisait dans les premières années avec un pressoir à main qui était loué et qui passait de famille en famille. Ensuite ce fut la presse qui bien souvent terminait bien tard dans la nuit.

Les entrées de la cité :

Pour les véhicules par la côte en ciment qui donnait sur la rue Médlock et par la route en cailloux qui se situait en face de l’entrée du château Michel.
Pour les piétons il y avait les escaliers face à la rue Dablon puis le passage devant l’épicerie de Mme Langlois.
Une autre entrée existait au bout de l’Avenue Makenzie King devant le 123A ; elle démarrait dans la rue Jean Mauger par un petit escalier puis une longue montée avec marches espacées.

La rue Médlock était en béton,. Les autres rues étaient goudronnées sauf une partie de la rue du Saint Laurent qui était cailloutée. La route longeant les N° 142 et 143 était en briques et terre. La route qui prolongeait l’avenue Makenzie King depuis le 108A était cailloutée.

Chaque maison était bordée par un petit jardin qui était souvent bien entretenu. Le jardin du 114B était inutilisable car c’était des déblais de briques (je ne sais d’où venaient ces déblais)

A l’automne, je ramassais les feuilles mortes pour améliorer la qualité de la terre du jardin.

Concernant les besoins en produits d’alimentation, je me rappelle que de nombreux clients de Mme Langlois prenaient leur nécessaire à crédit. Pour cela, chaque course était notée sur un petit carnet et à la fin de chaque mois il ne restait plus qu’à payer les courses du mois. On ne verrait plus cela maintenant ; c’était une vraie action sociale.

Lorsqu’il y avait un décès, les voisines faisaient une quête pour pouvoir acheter des fleurs pour la tombe du défunt.




émoignage Madame Henriette CHAPELLE

Au sujet des maisons , le bâtiment n°148 abritait 3 ou 4 familles . Il longeait à gauche la côte en ciment qui était l’entrée principale de la Cité (ce que vous appelez la « côte blanche » ).

Le bâtiment n°100 abritait les instituteurs et institutrices.

Au début de l’installation des familles , je pense que les 3 écoles (maternelle , filles et garçons) étaient rattachées à l’école Jules Ferry (directeur et directrice) . Le nombre d’élèves augmentant , il y a eu une directrice à l’école des filles ( Mme Bellocq ) , un directeur à l’école des garçons (je ne sais plus son nom) et une directrice à la maternelle (c’était peut-être Mme Caby ).

Au début , l’école maternelle était dans le même bâtiment que l’école des filles . Il y avait un grand bac à sable dans la cour de récréation . Sur une des photos « accueil du site de la cité provisoire de Dieppe » , on voit bien les enfants dans le bac à sable . Le bâtiment que l’on voit en arrière plan est le n°148 .

La bonneterie Monneveu était au n°114A dans les premières années de la cité , je ne me rappelle pas où elle est partie après .

Le bâtiment sans numéro au début de la rue d’Halifax abritait 2 ou 3 familles dont la charcuterie Prouin si je me souviens bien , puis la charcuterie a pris place au n°141A .

Voir pour les n° 109 et 111 ( A et B ) ,il y a peut être une erreur.

Pour la famille Stéphan , elle était bien au n°136 dans les maisons « demi-lune » .

J.J.Fouquet (n°14).Je connaissais bien Mr Jean Jacques Fouquet et sa famille , mais ils n’ont jamais habités à la cité provisoire .Cette famille habitait après l’épicerie café Lelong (sauf erreur) et la boucherie Stalin sur l’Avenue des Canadiens , juste avant la cité .

Mr Prouin ,charcutier, a d’abord été dans le bâtiment sans numéro au début de la rue d’Halifax , puis la charcuterie s’est installée au n°141A . Il n’y avait pas de numéros 141 C et 141D . L’épicerie Langlois était bien au 142A et au 142 B,il y avait la famille Brun. G.Dujardin était au 142A et P.Prié au 143B.

En ce qui concerne l’école , je suis incapable de vous donner exactement le nom de mes camarades de classe . Voici quelques noms : Nelly Langlois , Ginette Verroust , Mauricette et Jeanine Alligny , Marguerite Dubuc et ? Gencey .

Je sais que j’ai eu Mme Recher et Mme Bellocq .

L’année scolaire 1947 - 1948 , j’étais en CP .
1948 - 1949 , c’était le CE 1
1949 - 1950 , c’était le CE 2
1950 - 1951 , c’était le CM 1
1951 - 1952 , c’était le CM 2

Je pense que Mme Recher avait 2 cours CP et CE 1 et Mme Bellocq devait avoir CE 2 et CM 1 . Pour le CM2 , je crois que nous allions rejoindre l’école Jules Ferry.

Nous avions un chauffage au bois et au charbon pour l’hiver . Il fallait faire attention que le poêle ne s’éteigne pas . Nous avions des bureaux tout en bois que nous entretenions régulièrement . En fin d’année , c’était le grand ménage : décapage des bureaux ,puis une bonne cire pour le bois et nettoyage des encriers. Et oui ! nous écrivions avec un porte-plume et les plumes « Sergent Major ». L’encre était violette et nous étions ,à tour de rôle,chargées de remplir les encriers .

En ces années-là , nous avions classe de 8h30 à 11h30 et de 13h30 à 16h30 les lundis , mardis , mercredis , vendredis et samedis. Et oui ! c’était le jeudi jour de repos . Nous allions dans les prairies aux alentours ou nous montions dans les sapins pour jouer aux Indiens . L’après-midi du jeudi , nous pouvions aller au patronage avec la Sœur Marie-Louise dans la grande salle de l’Abri St Paul où nous avions le droit à des séances de cinéma : Sylvain et Sylvette ,etc……

Nous apprenions à faire du théâtre et en Juin , il y avait un grand corso fleuri où nous avions des costumes . Nous étions donc avec d’autres filles qui fréquentaient l’école Jules Ferry.

La famille Chapelle est arrivée tout au début ( 1946 ou 1947 ). Il me faudrait fouiller dans des actes de naissance pour retrouver la date exacte de notre arrivée ou faire appel à la mémoire de certains membres de ma famille.

Nous étions sept : mes parents , ma grand’mère paternelle ,mon oncle ( frère de mon père) qui travaillait à la ferme des Hospices , mon frère Pierre qui avait 4 ans , ma sœur Marie qui était bébé ; elle avait environ 1 an et moi Henriette 6 ans qui avait été en maternelle à l’ école Jules Ferry avec Mme Mettais car nous habitions Avenue Boucher de Perthes dans des petites maisons .Pendant la guerre , il y avait un abri juste en face de chez nous pour se protéger lors des raids aériens.

Nous sommes donc arrivés à la cité provisoire car je pense qu’il a fallu voir pour déminer ces endroits où nous étions et qui devaient être dangereux.

A la cité provisoire , la maison était chauffée grâce à la cuisinière à charbon qui se trouvait dans la cuisine . L’hiver , pour que les chambres ne soient pas trop froides , nous avions un poêle à bois ( genre Salamandre) qui chauffait les 3 chambres en ouvrant les portes de communication . Lorsqu’il faisait très froid ,même avec les volets fermés , nous avions de jolis dessins sur les carreaux des fenêtres.

Nous avions donc un endroit pour stocker du charbon et du bois livrés par Mr Thorel qui habitait rue des Réservoirs (il me semble).

Nous avions des poules ,des lapins et même des pigeons . Cela permettait d’avoir de la viande . Nous avions également des cassissiers , des groseilliers et des fraisiers donc des fruits frais lorsque c’était la saison .

Devant la maison , il y avait des massifs de fleurs . Nous avions également un grand jardin potager sur le terrain juste en face de notre maison n° 108A ( sur le plan de Monsieur Mallèvre ) . Sur le plan n)5 ,on voit très bien cette partie de terrain qui avait été partagé en 4. En alignement par rapport à nos limites de maisons.

Avant que la cité d’urgence ne se construise , il y avait un talus planté de sapins le long de ce terrain . Sur ce terrain , mon père avait installé des fils à linge pour pouvoir sécher les draps , torchons , serviettes et linge de corps ,etc…..

Il n’y avait pas de machine à laver ni de réfrigérateur .

Pour le linge , nous avions une grande chaudière chauffée au bois où l’on faisait bouillir le linge blanc ; Après ,il fallait frotter à la brosse à « chiendent » dans un baquet en bois ou en zinc avec une planche à laver . Pendant les vacances , j’aidais ma mère à cette besogne : mouchoirs , torchons , serviettes de toilette et linge de corps . Nous avions la chance d’avoir dans la buanderie une grande baignoire en fonte où nous pouvions rincer le linge . Cette chaudière nous permettait de chauffer de l’eau pour faire notre bain le samedi soir après l’école après avoir transvasé l’eau chaude dans la baignoire .

Pour ce qui est du beurre , nous avions deux grandes jarres en grès ou en terre cuite dans lesquelles le beurre était conservé dans la saumure.

Je me souviens de ces petits déjeuners où ma mère nous préparait un bon chocolat avec du lait de la ferme (il y avait 2 fermes pas très loin ) et du « Banania ». Et les bonnes tartines de pain au beurre salé !!! Le pain , c’était du pain de 4 livres .

Nous avions une cuisine et quatre chambres dont les trois premières communiquaient entre elles .

Lorsque ma grand’mère est décédée en 1949 , mon oncle Louis ( frère de mon père ) est allé habiter rue de l’entrepôt à Dieppe à côté de sa sœur . Après ce départ , ma sœur et moi dormions dans la 1ère chambre ,nos parents dans la 2ème et mon frère dans la 3ème. La 4ème pièce servira d’atelier à mon père pour bricoler et pour ranger nos vélos . Il ressemelait nos chaussures . Puis il creusera sous le plancher pour faire une cave où il mettra ses futailles à cidre et ses bouteilles de cidre bouché ( pour les fêtes : noël ou communions ) .A la période des vacances de Toussaint , nous aidions au broyage des pommes pour faire le cidre ,tout était fait à la main et « à la force des poignets » .

Nous pouvions rejoindre l’Avenue des Canadiens et le Château Michel par ce bout de route en pierres où il y avait des arbres sur un talus . Derrière ce talus , il y avait des prairies où à la saison des champignons nous trouvions des « petits rosés » . Il y avait aussi des chevaux car l’entrée du Centre Hippique était sur l’Avenue des Canadiens .

Lorsque nous allions au patronage le jeudi , nous passions à l’épicerie Langlois pour acheter des bonbons . De là , nous descendions un escalier pour traverser l’Avenue des Canadiens et rejoindre la rue Dablon . Pendant les grandes vacances , nous faisions des courses en vélos ,les rues n’étaient pas goudronnées , c’était du gravillon . Ouille ,ouille , ouille !!!! les genoux et les pneus creuvés . Mon père était là pour les réparations . L’été , c’était également la période des glaces , nous attendions le coup de klaxon avec impatience.

Le samedi matin , nous descendions ( à pied car nous n’avions pas de voiture ) au marché qui était installé Place Nationale et au pied de l’église St Jacques . C’était seulement pendant les vacances !!!

Je ne sais plus en quelle année , mais nous avons eu des bus qui déposaient les élèves qui allaient à l’école Jules Ferry et les autres étaient déposés au Lycée . Il y a eu aussi un service régulier de bus pour aller en ville , sinon il fallait prendre un bus à l’angle de la route du Havre et de la route de Rouen ( ancien octroi ) .

Je pense que c’est à la période scolaire 1951 – 1952 que j’ai rejoint l’école Jules Ferry , puis en 1953 – 1954 que je suis allée au Lycée de Jeunes Filles rue de Cigogne .

Après le lycée , j’ai travaillé à la Poste comme auxiliaire , j’ai passé le concours pour rentrer comme titulaire . Ayant été reçue , j’ai été nommée en Juillet 1962 à Rennes . C’est donc à cette date que j’ai quitté la Cité Provisoire . Ma mère étant décédée , mon père est resté jusqu’à la démolition de la maison . J’y venais quelques fois mais je n’avais plus aucun contact avec les voisins .