La cité Michel   La cité d'Urgence

La cité d'Urgence

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Après le rude et long hiver de 1954, juste à coté de la cité provisoire, des petites maisons en dur seront construites par les compagnons d'Emmaüs de l'Abbé Pierre. Elle s’appellera la Cité d’Urgence. Les dernières maisons de cette cité seront détruites en 1994.

Voici, de mémoire ce dont Pierre Chapelle se souvient :

" Ces bâtiments étaient construits en brique avec un toit en zinc et en légère pente vers l’arrière. A l’intérieur il y avait au sud la pièce d’entrée qui était le séjour derrière une chambre et une pièce d’eau avec une sortie sur l’arrière et un grand bac pour la lessive qui servait également de douche. Il y avait le gaz de ville. La canalisation du tout à l’égout était enterrée à l’arrière et était raccordée sur un regard situé en face du 108A (une canalisation de 200 évacuée par une ancienne canalisation de 100). Dans ce regard on voyait l’arrivée d’une canalisation en provenance des champs (sans doute des bâtiments qui on été démolis en 1947). Les habitation du bout (7 à 10 je crois) étaient raccordées à une canalisation qui devait passer sous le groupe et orientée sud-nord.

Le gros œuvre à été construit par l ‘entreprise Saint Martin. M. Saint Martin était un petit homme rondouillard avec des lunettes rondes ; il venait voir le chantier avec une 4 chevaux Renault. Son contremaître venait en moto. Les ouvriers étaient des maçons assez âgés. Le contre maître apportait leur paie le dernier jour de la semaine. La bétonneuse était située entre les groupes de 10 et de 6 logements. Je l’ai fait démarrer avec l’aide du responsable ; c’est incroyable la facilité pour le faire.

La canalisation du gaz était enterrée sous la route en cailloux ; elle venait de la route de Rouen.

Devant chaque logement on trouvait sur environ un mètre cinquante un petit parterre de fleurs. Derrière il y avait un petit jardin. Certain n’ont jamais pu faire le jardin complètement car il y avait l’ancien blockaus (je ne sais plus quel logements étaient concernés mais ce devait être les n° 04 et 05) "

Nous sommes arrivés en 1968 et en sommes partis en 1976. L'esprit qui régnait était l'entraide, la solidarité.Un jour, un gamin vient appeler mon mari : " Venez vite, ils ont attaché mon copain sur un tas de bois, c'est un indien, ils veulent y mettre le feu, on jouent à" Fort Apaches". Effectivement sur le toit d'un baraquement, certains enfants avaient enlevé les tuiles du faîtage et surveillaient leur Fort. Josiane Sadé.

Je suis née à la cité d'Urgence en 1958. Nous habitions au N°5 et nous en sommes partis en 1980. La vie à la cité était pour tout le monde pareille et toutes les familles étaient solidaires entre elles. Claudie Folâtre épouse Panier.

Viviane Folâtre-Pédron : Depuis quelque temps je parcours le site juste pour la mémoire. On ressent beaucoup de joie, de nostalgie aussi. Enormément de souvenirs nous reviennent de notre enfance. Beaucoup d'émotion quand je revois les photographies de toutes ces personnes, ces cités, ces écoles, ces maisons. Bien qu’elles ne furent pas des châteaux… nous aimions tous nos maisons, nos instituteurs, nos institutrices avec lesquels nous on passions le plus clair de notre temps ( l'école toute la journée, ça nous prenait 8 heures ) . J’ai été élève de Madame Recher et Mr Martin à Jules Ferry, puis j’ai eu Mr Besson comme professeur au Collège en 5éme a George Braque. Tous ces souvenirs nous reviennent et nous rappellent qu’n chacun de nous notre âme d'enfant est toujours là ! Toujours aussi présente malgré toutes ces années passées ! Notre mémoire est intacte. J’ai vu que vous aviez jeté une bouteille à la mer pour Jean et Jacqueline Lachelier : ils habitaient le camp de transit rue Mackenzie King. Quant à moi, je suis de la cité d’Urgence. J'y suis née. Mon nom de jeune fille est Viviane Folâtre-Pédron. Je suis la fille de Madame Labsolu Yvonne et de Monsieur Pédron Pascal qui habitaient à la cité d'urgence. Aujourd'hui, je suis Madame Lachelier. Voilà pourquoi je peux vous aider pour la famille Lachelier. Je vous contacte aussi pour vous faire savoir que pour moi la cité d’Urgence était comme vous l'ai dit plus haut « notre chez soit ». J’en suis partie en 1982. Juste pour la mémoire Pascal Pédron vivait maritalement avec ma maman Yvonne Labsolu depuis son arrivée en Seine-Maritime en 1958. J'ai vu également des photos de Jean Marc Labsolu, mon frère, de Claudie, Patrick , Annick et Jean-Luc. Je pense avoir aussi reconnu, Serge mon frère. Nous sommes allés à la maternelle du camp de transit dans les années 1963 /1964. Je n'ai pas de photos mais néanmoins je partage avec vous ces quelques photographies que j’ai encore.